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Au Gabon, améliorer le cadre légal de la chasse pour une gestion durable de la faune sauvage

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Fondé sur une approche holistique de la gestion durable de la chasse d’animaux sauvages en afrique le programme SWM (Sustainable Wildlife Management) marquait une rupture avec les précédentes initiatives de conservation, visaient quasi exclusivement à limiter la chasse.

Le programme développe et teste des approches communautaires innovantes dans 15 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Il est mis en œuvre par un consortium de partenaires comprenant la FAO, le CIFOR et WCS. Le Gabon est l’un des trois pays où le Cirad travaille pour protéger à la fois la faune sauvage et la sécurité alimentaire et économique des communautés locales. Cette approche produit déjà des résultats prometteurs.

« Avant, pour faire face à la disparition de la faune sauvage dans les pays du Sud – notamment d’Afrique – on introduisait des mesures strictes de conservation : lois anti-braconnage et criminalisation des chasseurs et consommateurs », explique Hadrien Vanthomme, écologue au Cirad et coordinateur des activités SWM au Gabon.

Une expertise divisee pour des problèmes complexes

Parce qu’elle rassemble des écologues, sociologues, économistes, épidémiologistes et juristes autour de problèmes complexes liant protection des espèces et sécurité alimentaire des populations l’initiative incarne l’interdisciplinarité propre aux expertises du Cirad.

Au Gabon, pays d’Afrique centrale caractérisé par une population clairsemée et une riche biodiversité animale, l’objectif est d’améliorer l’encadrement légal des activités de chasse et de faire en sorte que les communautés disposent des outils à même d’assurer la protection des espèces sur le long terme.

Héritée de la période coloniale, la loi sur la chasse au Gabon mérite d’être modernisée. Un groupe de travail, exécuté par le ministère gabonais des Eaux, des Forêts, de la Mer et de l’Environnement, et auquel le Cirad est associé, définit donc une stratégie nationale de chasse et commerce du gibier.

En parallèle, dans les 1600 km² de forêts du département de Mulundu, le Cirad aide les communautés à ces droits sécurisés de manière efficace. Ces dernières, dont une partie du régime alimentaire repose traditionnellement sur la viande de brousse, sont formées à collecter des informations sur la faune sauvage via, par exemple, l’usage de pièges photographiques.

Dés enquêtes auprès des ménages ont déjà permis d’évaluer les perceptions des consommateurs et des chasseurs, ainsi que le niveau de consommation de viande sauvage. Une fois analysées, les données sont partagées avec les communautés qui choisissent alors en fonction comment faire évaluer le plan de gestion de la chasse.

Une caractéristique essentielle du programme SWM est l’implication des communautés à chaque étape. Au Gabon, lorsque le programme a commencé, seuls quatre groupes villageois ont souhaité participer.

« Il a fallu du temps pour gagner la confiance des communautés se remémore Hadrien Vanthomme. Puis, peu à peu, nous avons été submergés de demandes et nous avons dû étendre le projet ». Le site du Gabon compte désormais dis groupes villageois, tous membres d’une association de régulation de la chasse.

Un autre objectif, à venir, consistera à co-construire une filière de viandes sauvages durables, légales et certifiées en associant les chasseurs, les transformateurs, les commerçants et les consommateurs autour de Lastoursville.

Un collaboratoire avec les laboratoires locaux pour limiter le risque de zoonoses

Le projet accompagne également, en collaboration avec les laboratoires locaux spécialisés en virologie, la mise en place d’un système de surveillance sanitaire. Le but étant de limiter les risques de transmission de maladies zoonotiques, de la faune sauvage vers l’être humain.

« La viande de brousse est un réservoir potentiel de pathogènes transmissibles à l’homme, comme on l’observe avec Ebola, la pandémie de Covid-19 et d’autres épidémies . L’établissement d’un système de dépistage permettra d’identifier efficacement les pathogènes et de tirer la sonnette d’alarme, le cas échéant ».

Le système de garanties sociales, vade-mecum de la mobilisation communautaire

Garantir la participation, l’appropriation et le leadership des communautés est essentiel pour le programme SWM. Pour établir une relation inclusive avec les populations locales, le projet a défini un système de garanties sociales. Toutes les activités du programme adoptent ainsi une approche basée sur les droits des communautés locales et indigènes, afin que celles-ci :

  • participer et être inclus de façon équitable ;
  • gagnent en autonomie dans leur gestion légale et durable des ressources naturelles ;
  • renforcent leurs compétences pour vivre avec et de la faune sauvage.

Les garanties sociales constituant une innovation dans le domaine de la conservation. Elles ont rarement été mises en application dans des projets à grande échelle.

Le système de garanties sociales repose sur cinq principes :

  1. une analyse de la situation en matière de droits des communautés ;
  2. un consentement préalable, libre et éclairé des communautés ;
  3. une approche en six étapes pour viser l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes ;
  4. une éthique de la recherche :
  5. un mécanisme de gestion de recours et réclamations.

« Au Gabon comme ailleurs, nous sommes très attentifs à la façon dont nous travaillons avec les communautés», souligne Hadrien Vanthomme. Le système de garanties sociales répond aux besoins des communautés et permet de définir et de développer les activités avec elles, de façon participative ».

spiermaria
Author: spiermaria

Passionné de chasse, je suis originaire du Gers. Je rédige des articles d'actualités pour Parlonschasse.com

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