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Comme tout secteur d’activité, la chasse possède également ses outils spécifiques, dont les jumelles. Ces dernières sont indispensables au chasseur, car elles lui permettent d’observer sa cible discrètement. Avec l’évolution de la technologie, cet outil s’est vu doté de plusieurs fonctions. Il est donc nécessaire de tenir compte des différentes fonctionnalités des jumelles pour faire un choix idéal. Découvrez trois paramètres à considérer lors de l’achat de vos jumelles de chasse.
Le facteur de grossissement et le diamètre
Les premiers critères à prendre en compte sont le facteur de grossissement et le diamètre. Le facteur de grossissement est la capacité des jumelles de chasse à zoomer les éléments autour du chasseur. Il est indiqué directement dans une numérotation de type 8×30 inscrite sur l’appareil. C’est le premier chiffre de cette numérotation qui indique le grossissement. Quant au diamètre, il correspond au second chiffre. Ces deux indications sont choisies selon le type de chasse à effectuer. Il faut noter que la chasse aux animaux doit être effectuée avec des jumelles ayant un grossissement de 8 à 10. Pour un grossissement en dessous de 8 ou au delà de 10, le champ de vision est très étroit et l’image est floue et instable. Avec ces types de jumelles, il est difficile de suivre les oiseaux en vol par exemple.
À titre indicatif, pour une chasse à l’affût, les modèles 8×30 ou 8×42 sont recommandés. Pour les chasses à l’approche, il vous faut un 10×42 ou un 10×50. En ce qui concerne la chasse au gibier d’eau, vous devez posséder un 8×56 ou un 10×46.
La robustesse et l’imperméabilité de vos jumelles
Les bonnes jumelles de chasse sont utilisées, quelles que soient les conditions météorologiques.
À cet effet, il est recommandé d’opter pour une paire de jumelles très robustes dotée d’une parure qui lui permettra de résister aux chocs. Vos jumelles doivent être également étanches pour résister aux intempéries et tenir même en cas d’une chute accidentelle dans l’eau. Ces deux critères permettent d’avoir de meilleurs garanties de jumelles de chasse.
La luminosité de vos jumelles
Lorsque le chasseur ne voit pas bien, il ne pourra pas atteindre sa cible. C’est pour cette raison qu’il faut porter une attention particulière à ce détail. La luminosité des jumelles doit être adaptée au type de chasse pratiqué. Les modèles présents sur le marché sont d’une performance incroyable. Certaines jumelles disposent d’une forte luminosité, tandis que d’autres ont une luminosité faible. Choisissez vos jumelles en tenant compte des moments où vous avez l’habitude de pratiquer la chasse.
Le type de prisme : Porro ou toit ?
C’est l’un des critères les moins connus des chasseurs débutants, pourtant il influence directement la qualité de l’image et le prix de l’appareil.
Le prisme Porro est la conception traditionnelle : les objectifs sont décalés par rapport aux oculaires, ce qui donne aux jumelles leur forme caractéristique en Z. Cette architecture permet d’obtenir une excellente perception de la profondeur et une très bonne luminosité pour un prix modéré. Inconvénient : ces jumelles sont plus volumineuses et moins compactes.
Le prisme en toit (roof prism) aligne objectifs et oculaires dans l’axe, ce qui donne des jumelles droites, compactes et légères — la forme la plus courante aujourd’hui sur les jumelles de chasse modernes. Elles sont plus pratiques à transporter et à tenir en main, mais leur fabrication est plus complexe et donc plus coûteuse à qualité optique égale.
| Critère | Prisme Porro | Prisme en toit |
|---|---|---|
| Perception de la profondeur | Excellente | Bonne |
| Compacité | Faible | Élevée |
| Poids | Plus lourd | Plus léger |
| Prix à qualité égale | Moins cher | Plus cher |
| Solidité | Bonne | Très bonne |
Conseil : Pour un budget limité (moins de 200 €), un Porro de qualité offrira souvent une meilleure image qu’un toit de même prix. Au-dessus de 300 €, le prisme en toit s’impose pour sa compacité et sa robustesse.
Les traitements optiques : ce qui fait vraiment la différence
Deux paires de jumelles affichant le même grossissement et le même diamètre peuvent produire des images radicalement différentes. C’est la qualité des traitements optiques qui fait la différence — notamment au crépuscule, moment clé pour le chasseur.
Le traitement antireflet est appliqué sur les lentilles pour réduire les reflets parasites et maximiser la lumière transmise à l’œil. Il existe quatre niveaux :
- Coated (C) : traitement sur une seule face d’une seule lentille — qualité minimale, à éviter
- Fully Coated (FC) : toutes les faces de toutes les lentilles sont traitées — standard acceptable pour l’entrée de gamme
- Multi-Coated (MC) : plusieurs couches antireflet sur certaines surfaces — bonne qualité
- Fully Multi-Coated (FMC) : plusieurs couches antireflet sur toutes les surfaces — la référence pour la chasse
Le traitement de phase (phase correction coating) est appliqué sur les prismes en toit pour corriger la distorsion de phase de la lumière. Il améliore significativement la netteté et le contraste. C’est un critère différenciant sur les jumelles haut de gamme.
Le revêtement diélectrique sur les prismes (au lieu de l’aluminium standard) augmente la réflectivité jusqu’à 99 %, contre 87 % pour l’aluminium. Il améliore la luminosité et la restitution des couleurs, surtout à faible lumière.
Tableau récapitulatif des traitements :
| Traitement | Transmission lumineuse | Gamme de prix |
|---|---|---|
| Fully Coated (FC) | ~80 % | Entrée de gamme |
| Multi-Coated (MC) | ~90 % | Milieu de gamme |
| Fully Multi-Coated (FMC) | ~95 % | Milieu / haut de gamme |
| FMC + correction de phase + diélectrique | ~99 % | Haut de gamme |
La pupille de sortie et la vision crépusculaire
Ces deux notions techniques sont directement liées à la capacité des jumelles à être utilisées en conditions de faible luminosité — à l’aube et au crépuscule, soit les moments les plus productifs pour beaucoup de chasses.
La pupille de sortie se calcule simplement en divisant le diamètre de l’objectif par le grossissement :
- 8×42 → pupille de sortie = 42 ÷ 8 = 5,25 mm
- 10×42 → pupille de sortie = 42 ÷ 10 = 4,2 mm
- 8×56 → pupille de sortie = 56 ÷ 8 = 7 mm
- 10×50 → pupille de sortie = 50 ÷ 10 = 5 mm
Plus la pupille de sortie est grande, plus l’image sera lumineuse en conditions sombres. L’œil humain adulte a une pupille qui se dilate jusqu’à 5–7 mm dans l’obscurité. Une pupille de sortie de 5 mm ou plus est donc recommandée pour les chasses à l’aube et au crépuscule.
Le nombre crépusculaire est un indicateur souvent affiché par les fabricants. Il se calcule ainsi : √(grossissement × diamètre objectif). Plus ce nombre est élevé, meilleures sont les performances théoriques en faible lumière :
- 8×42 → √(8 × 42) = 18,3
- 10×42 → √(10 × 42) = 20,5
- 8×56 → √(8 × 56) = 21,2
- 10×50 → √(10 × 50) = 22,4
Attention : ce nombre ne prend pas en compte la qualité des optiques et des traitements. Des jumelles bas de gamme 10×50 peuvent donner une image bien moins lumineuse que des jumelles haut de gamme 8×42. La qualité des traitements FMC et des prismes reste le facteur déterminant.
Choisir selon son type de chasse : le guide pratique
L’article existant donne de bonnes indications générales. Voici un guide plus détaillé pour chaque situation de chasse en France.
| Type de chasse | Conditions | Jumelles recommandées | Pourquoi |
|---|---|---|---|
| Affût en forêt | Lumière faible, distances courtes | 8×42 ou 8×56 | Grande pupille de sortie, champ de vision large |
| Affût en plaine / lisière | Lumière variable, distances moyennes | 8×42 ou 10×42 | Polyvalence grossissement / luminosité |
| Approche en montagne | Longues distances, terrain dégagé | 10×42 ou 10×50 | Grossissement fort pour identifier à distance |
| Chasse au gibier d’eau | Lumière rasante, milieu humide | 8×56 ou 10×50 | Étanchéité maximale, grande pupille de sortie |
| Battue | Courtes distances, mouvements rapides | 8×30 ou 8×42 | Champ de vision large, réactivité |
| Observation pré-chasse | Longues distances, terrain ouvert | 10×42 ou 10×50 | Grossissement maximal pour le repérage |
Quelques précisions importantes :
- Pour la chasse à l’affût en sous-bois, le grossissement élevé est contre-productif : il réduit le champ de vision et amplifie les tremblements. Un 8×42 est bien souvent supérieur à un 10×42 dans ce contexte.
- Pour la montagne, le 10×42 est le standard. Certains chasseurs expérimentés passent au 10×50 pour les grandes distances pyrénéennes ou alpines, au prix d’un poids légèrement supérieur.
- Pour la chasse à l’aube, un diamètre d’objectif de 42 mm minimum est recommandé. Les modèles 8×56 ou 10×56 sont les plus performants mais aussi les plus lourds.
Les grandes marques et les gammes de prix
Le marché des jumelles de chasse est très vaste. Voici un repère par budget pour vous orienter.
Entrée de gamme (30–100 €) : Ces jumelles conviennent pour une utilisation occasionnelle. La qualité optique est correcte en plein jour, mais insuffisante à l’aube ou au crépuscule. Les traitements sont généralement de type FC ou MC. Marques : Bushnell entrée de gamme, Olympus, Celestron, Nikula.
Milieu de gamme (100–300 €) : Le rapport qualité-prix est souvent excellent dans cette gamme. Les traitements FMC sont présents, l’étanchéité est généralement garantie (remplissage azote), et la construction est robuste. C’est la gamme idéale pour la plupart des chasseurs français.
- Vortex Diamondback HD 8×42 (~180 €) — excellent rapport qualité/prix
- Bushnell Trophy XLT 10×42 (~150 €) — robuste et lumineux
- Nikon Prostaff 5 10×42 (~200 €) — netteté remarquable pour le prix
- Maven B1 8×42 (~250 €) — qualité optique proche du haut de gamme
Haut de gamme (300–800 €) : La qualité optique fait un saut notable : images très nettes bord à bord, excellente restitution des couleurs, performances crépusculaires réelles. Prismes en toit avec traitement de phase et revêtement diélectrique.
- Vortex Viper HD 10×42 (~450 €) — référence dans cette gamme
- Leupold BX-4 Pro Guide HD 10×42 (~500 €) — lumineux et résistant
- Steiner Ranger 10×42 (~400 €) — robustesse militaire, très bon contraste
Très haut de gamme (800 € et plus) : Les jumelles de chasse les plus performantes du monde. Image parfaite même à très faible luminosité, construction indestructible, garantie à vie. Ces modèles sont utilisés par les guides de chasse professionnels et les chasseurs les plus exigeants.
- Swarovski EL 10×42 (~2 400 €) — la référence absolue
- Zeiss Victory SF 10×42 (~2 200 €) — champ de vision exceptionnel
- Leica Noctivid 10×42 (~2 300 €) — luminosité et contraste incomparables
- Nikon Monarch HG 10×42 (~900 €) — excellent rapport qualité/prix haut de gamme
Avis de chasseurs : retours terrain
“J’ai longtemps hésité avant d’investir dans des Swarovski EL 10×42. Après dix ans à utiliser des jumelles à 150 €, le changement a été spectaculaire. À l’aube en montagne, je vois des détails que je ne distinguais pas avant. C’est un investissement, mais à vie.” — Chasseur de cerf, Isère
“Pour la battue au sanglier dans les Landes, j’utilise un simple 8×42 Vortex Diamondback à 180 €. En battue, on n’a pas besoin de plus. Ce qui compte, c’est un champ de vision large et une image stable. Pas besoin de dépenser 2 000 €.” — Chasseur en battue, Landes
“J’ai opté pour un 10×42 Steiner Ranger pour la chasse à l’approche en Ardèche. Robuste, lumineux, et il a survécu à plusieurs chutes. Pour un budget de 400 €, je ne pouvais pas espérer mieux.” — Chasseur à l’approche, Ardèche
“Mon conseil aux débutants : ne sous-estimez pas l’importance des jumelles. J’ai longtemps utilisé des jumelles bas de gamme et je loupais des observations à l’aube. Depuis que je suis passé à un 8×42 avec FMC, j’observe bien mieux lors des heures creuses.” — Chasseur polyvalent, Dordogne
Ce que retiennent globalement les chasseurs :
- La qualité optique se ressent surtout à faible luminosité — c’est là que la différence de gamme est la plus visible
- Le grossissement 8× est souvent préféré en battue et en forêt, le 10× à l’approche et en montagne
- L’ergonomie (molette de mise au point, confort de l’oculaire, poids) compte autant que les specs techniques
- L’étanchéité est indispensable — les chasses se font par tous les temps
- Un bon harnais ou un tour de cou adapté évite la fatigue et protège l’appareil
FAQ — Questions fréquentes
Quelle différence entre un 8×42 et un 10×42 pour la chasse ? Le 8×42 offre un champ de vision plus large (environ 130 m à 1 000 m contre 110 m pour le 10×42), une image plus stable à main levée et une meilleure luminosité crépusculaire (pupille de sortie de 5,25 mm contre 4,2 mm). Le 10×42 permet d’identifier les animaux à plus longue distance et est supérieur pour observer les détails (bois du cerf, marquages du gibier). Pour un chasseur polyvalent qui ne veut qu’une seule paire, le 8×42 est souvent le meilleur compromis. Pour la montagne ou l’approche en terrain ouvert, le 10×42 s’impose.
Les jumelles étanches sont-elles vraiment nécessaires ? Absolument. En France, les chasses se déroulent souvent par temps pluvieux, au petit matin avec de la rosée, ou dans des milieux humides (marais, bords de rivière). Une paire de jumelles non étanche peut subir des buées internes irrémédiables après un simple passage sous la pluie. Recherchez systématiquement des jumelles remplies à l’azote (ou à l’argon), qui garantissent l’absence de buée interne et une étanchéité totale.
Quel entretien pour mes jumelles de chasse ? Nettoyez les lentilles avec un chiffon microfibre spécial optique — jamais avec un tissu ordinaire qui risque de rayer les traitements. Pour les salissures tenaces, utilisez un pinceau soufflant pour retirer la poussière avant d’essuyer. Rangez vos jumelles dans leur étui quand elles ne sont pas utilisées. Évitez les chocs directs sur les oculaires et objectifs. Certains chasseurs appliquent un produit hydrofuge sur les lentilles extérieures pour faciliter l’évacuation de l’eau.
Peut-on utiliser ses jumelles de chasse pour l’observation des oiseaux ? Oui, les jumelles de chasse sont parfaitement adaptées à l’ornithologie. Un 8×42 est d’ailleurs le standard recommandé pour les ornithologues. La seule limite est le champ de vision proche : certaines jumelles ont une mise au point minimale de 3–5 m, ce qui peut être limitant pour observer des oiseaux posés à faible distance. Vérifiez la distance minimale de mise au point si vous souhaitez utiliser vos jumelles pour les deux activités.
Faut-il des jumelles stabilisées pour la chasse ? Les jumelles stabilisées (comme les Canon IS) corrigent électroniquement les tremblements. Elles sont utiles pour les grossissements élevés (12× et plus) ou pour les utilisateurs dont les mains tremblent. Pour les grossissements standard de chasse (8× ou 10×), elles ne sont généralement pas nécessaires et ajoutent du poids, de l’encombrement et un coût significatif. Elles trouvent leur utilité principale sur les bateaux ou pour les observations très longue distance.
Quelle différence entre les jumelles de chasse et les jumelles marines ? Les jumelles marines sont conçues pour une utilisation sur mer : elles disposent souvent d’un compas intégré, d’une optique adaptée aux longues distances sur plan d’eau et d’une étanchéité totale. Elles sont généralement plus lourdes et moins adaptées à une utilisation prolongée main levée. Pour la chasse au gibier d’eau en bord de mer ou sur estuaire, certains modèles peuvent convenir, mais les jumelles de chasse spécialisées restent plus adaptées à une utilisation terrestre.
Comment lire la numérotation des jumelles (ex. : 8×42) ? Le premier chiffre (8) est le grossissement : l’image apparaît 8 fois plus grande qu’à l’œil nu. Le second chiffre (42) est le diamètre en millimètres de l’objectif (la grande lentille avant). Plus ce diamètre est grand, plus les jumelles captent de lumière. La lettre qui suit parfois (ex. : 8×42 HD, ED, BA) indique des caractéristiques supplémentaires : HD = haute définition, ED = verre à faible dispersion (réduit les aberrations chromatiques), BA = bak-4 (type de prisme).
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